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Pour mon tout premier article, j’ai décidé de mettre à nue mon expérience professionnelle la plus marquante et la plus douloureuse. Pourquoi ? Parce que c’est de cette expérience que j’ai le plus appris et c’est symbolique car cet article représente mon manifeste, qui j’étais et qui je suis aujourd’hui, à l’image symptomatique du sauveur qui s’épuise et apprend à devenir un partenaire stratégique, un Architecte.
Pendant des années, j’ai porté mes projets comme on porte une armure : avec une fierté épuisante. Je pensais que mon efficacité se mesurait à ma capacité à éteindre des incendies, à combler les failles qu’on ne voulait pas réparer et à être celle vers qui tout le monde se tournait au moindre signal d’alarme. J’étais la « Sauveuse ». J’étais indispensable, du moins c’était ma posture, ma vocation.
En fait, j’ai longtemps cru que l’engagement consistait à occuper tous les postes vacants et à absorber les absences pour que la structure continue de tenir debout. Mais j’ai appris, à mes dépens, que lorsqu’on compense tout, on finit par masquer les failles au lieu de forcer le système à se soigner.
C’était ma plus grande erreur de management mais pas que.
Il arrive un moment où l’on réalise qu’on ne peut pas être à la fois le ciment, la brique et l’ouvrier. Pour que l’édifice soit pérenne, il doit tenir par sa conception, pas par l’épuisement de ceux qui l’habitent.
I. Le Diagnostic : Le Syndrome du Sauveur
« Le syndrome du Sauveur » ou plutôt le dévouement porté à son travail, son projet, est en réalité une erreur stratégique : j’ai cru que mon rôle était de porter l’ensemble du fonctionnement de l’établissement que ce soit pour les équipes ou pour les résidents. Mais sur quel socle ?
Sans personnel stable, sans culture d’entreprise ni procédures partagées, il n’y a pas d’équipe, juste une addition d’individus. J’avais l’impression d’être le seul point de contact d’un système qui refusait de se structurer.
Le déclic est venu du manque de loyauté hiérarchique. Quand l’information ne circule plus et que la stratégie consiste à défaire ce qui est construit, l’architecture s’effondre. J’ai compris qu’on ne peut pas colmater indéfiniment des brèches qui se multiplient volontairement et que peu importe le nombre d’heures ou l’intensité du stress : l’énergie individuelle ne gagnera jamais contre un système défaillant.
II. Les 3 leviers pour « Sortir du Sauvetage »
III. Le Pivot : L’Architecture comme Remède
Le point de rupture a pris la forme d’une paralysie. Mon corps, tel un partenaire stratégique dont j’aurais ignoré les alertes répétées (migraines, maux de ventre, fatigue chronique), a fini par m’imposer l’arrêt de manière brutale.
Après le déni, puis la culpabilité, la clarté est revenue : l’établissement est toujours debout, et moi aussi. J’ai compris que mon départ n’était ni un manque de volonté, ni un abandon. C’était l’acceptation d’une limite systémique : on ne peut pas sauver ce qui refuse d’être structuré.
La leçon est gravée : on ne sauve pas un projet par la simple force du poignet, mais par la solidité du cadre. Un Architecte ne porte pas le toit de l’immeuble à bout de bras, il conçoit des piliers pour que l’édifice tienne seul. Mais ces piliers ne s’inventent pas : ils se calculent et s’érigent avec les ressources nécessaires.
Sans cadre, l’effort individuel n’est qu’un sacrifice inutile.
IV. Les 3 Piliers du Système
Grâce à cette expérience, j’ai identifié trois leviers essentiels pour ne plus se positionner comme un « Sauveur » mais comme un Architecte.

V. La Libération
Porter un projet à bout de bras rend fier, mais construire un système qui vous survit rend libre. Aujourd’hui, j’aspire à aider les organisations à bâtir ces piliers.






