1. La résilience par l’harmonie : Le binôme Palli-Palli / Nunchi
Pourquoi s’inspirer de la résilience asiatique aujourd’hui ? Prenons la Corée du Sud. Sa résilience ne naît pas d’un optimisme de façade, mais d’une émotion profonde : le « Han ». Forgé par des siècles d’occupations, le Han exprime une frustration collective transformée en une volonté farouche de dépassement. En management occidental, nous percevons souvent la frustration comme un frein ; en Corée, elle a été le carburant d’un développement technologique fulgurant.
Mais comment rester efficace sans briser les individus ?
Le succès coréen repose sur un équilibre subtil entre la vitesse et l’intelligence situationnelle. Si le Palli-Palli donne l’impulsion et la rapidité, c’est le Nunchi qui donne la direction. Littéralement « l’œil et la mesure », le Nunchi est l’art de décoder instantanément l’état d’esprit de l’autre. Là où nous utilisons des KPIs pour mesurer la réussite, le Nunchi permet de capter la « température » d’une pièce. Pour un manager, posséder un Nunchi aiguisé, c’est savoir quelle énergie émettre pour fluidifier le mouvement du groupe sans créer de friction.
2. Le Management Kintsugi : Sublimer les failles plutôt que jouer un rôle
Dans nos organisations, on confond encore trop souvent leadership et force brute. On m’a souvent répété que la gentillesse était une faiblesse, m’enjoignant de « jouer un rôle » : le vieux cliché du binôme « bon flic / mauvais flic ». Mais le leadership n’est pas une scène de théâtre. Porter un masque crée des failles invisibles qui finissent par briser l’organisation.
C’est ici qu’intervient le Kintsugi, cet art japonais consistant à réparer la porcelaine brisée avec de l’or. On ne cache pas la cassure, on la sublime. Appliqué au management, cela signifie accepter que l’échec ou la vulnérabilité ne sont pas des tares, mais des étapes d’apprentissage. Dans un parcours professionnel, une « faille » est la preuve qu’on a osé, qu’on est tombé, et qu’on s’est relevé plus solide.
La vraie bienveillance n’est pas un outil de communication, c’est un savoir-être. On peut avoir un caractère affirmé sans être violent. Ma force réside dans cette authenticité : ne pas combler les manques par des faux-semblants, mais identifier la source du problème pour reconstruire avec Chowa (l’harmonie).
Conclusion : L’agilité ne devrait pas être une simple course aux résultats, mais une capacité à intégrer l’humain dans ses fragilités. En s’inspirant du Kintsugi, le manager aide l’équipe à transformer ses crises en soudures d’or. C’est ainsi que l’on crée un cadre durable.
Je vous laisse méditer sur ce dicton japonais : « Sept fois à terre, huit fois debout. » (Nana korobi ya oki)
Sources & Lectures conseillées :
- Ouvrages & Publications :
- The Culture Map, Erin Meyer (Éditions PublicAffairs).
- La Corée, Le Peuple Et Ses Valeurs Culturelles, Seong-sook Yim.
- La culture d’entreprise comme facteur de réussite, Durand Bruno (2008), Cahiers du CEDIMES.
- Le pouvoir du Nunchi, Euny Hong (que je recommande vivement !)
- Ressources en ligne :
Un grand merci à cette plateforme pour ses analyses inspirantes sur la culture Coréenne.
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